(re)découvrir

Une fois de plus il faut se familiariser avec ces nouvelles rues, les commerçants que je ne connaît pas encore, le playground, les distances, les voisins…

Mais cette fois c’est différent. Ces quelques rues ne nous sont quand même pas si étrangères que ça. Il y a même une petite familiarité. C’est troublant. C’est surprenant.

Ces rues et ce petit parc, on y est venu tellement de fois quand on est arrivé à New-York. Merlin avait juste trois ans, Suzie allait naître dans quelques semaines. Nous étions logé dans l’Upper West Side, complètement azimutés dans cette immense ville, fraîchement débarqués, l’oeil encore hagard sans s’en apercevoir vraiment. Chaque samedi matin et chaque dimanche nous partions tous les trois tels des aventuriers qui s’en vont à l’autre bout du monde. Brooklyn paraissait loin pour nous qui avant New-york ne connaissions que des villes qu’on traverse à pieds en moins d’une heure!

Nous passions nos journées dans ces mêmes rues là que je reconnais peu à peu. Nous cherchions un appart (évidemment!). On s’arrêtait au starbucks pour avoir une connexion internet. Il y a trois ans ici tout le monde avait un smartphone. Nous, nous débarquions d’ailleurs, d’un autre monde. On avait un téléphone qui passait des coups de fil, c’était déjà bien. Au milieu de cette course entre les apparts, les brokers et les refus innombrables on s’arrêtait au playground, quelques minutes, pour défouler notre enfant de trois ans pour qui les journées en poussette étaient si difficiles.

Les week-end de ce mois là ne sont pas de bons souvenirs. Et pourtant tous ces moments plutôt difficiles étaient mêlés à la découverte de New-York et l’excitation dans laquelle cette ville te mets. Tout nous semblait dur et en même temps exaltant. Je me souviens qu’en fin d’après-midi la nuit tombait, les lumières s’allumaient unes à unes derrières les fenêtres. Tout avait l’air si paisible et chaleureux. Nous étions dehors et notre gosse hurlait dans la poussette.

Nous n’avons jamais pu emménager dans ces rues là il y a trois ans.

 

Hier, le ciel était bleu. Il ne faisait pas si chaud mais depuis lundi le thermomètre est au dessus de zéro (oui la météo est devenue un des aspects centraux de ma vie et toi qui habite au sud d’Avignon, ne me juge pas, tu ne peux pas savoir) alors on a rangé les doudounes même si on pourrait encore les supporter. Sous ce ciel bleu, j’ai descendu les quelques marches devant la maison. Ma fille me donnait la main. Pas de poussette, nous n’allions pas loin. Nous avons fait quelques pas, juste le temps de courir un peu sur le trottoir, d’attendre le bonhomme vert (qui n’a rien de vert d’ailleurs), de traverser la rue en faisant bien attention et puis nous sommes entré dans ce petit parc. Ce petit parc qui devait être notre quotidien il y a trois ans puis qui ne l’a pas été. Ce petit parc n’a rien d’exceptionnel, il a juste cristallisé beaucoup d’imaginaire à notre arrivée.

J’ai encore un peu de mal à me dire que je n’ai qu’à descendre quelques marches.

 

IMG_20150312_144057 IMG_20150312_144107 IMG_20150312_144116 IMG_20150312_144122 IMG_20150312_144127 IMG_20150312_144130

Publicités

Navigation des articles

  13 réflexions sur “(re)découvrir

  1. 14 mars 2015 à 2 h 58 min

    Remarcher dans les pas de votre arrivée, mais changés et grandis, comme une boucle qui se boucle mais en mieux. Bonne installation dans votre ancien-nouveau quartier.

  2. 14 mars 2015 à 10 h 12 min

    C’était une autre vie… et aujourd’hui… le début d’une nouvelle!
    Bel article! Merci pour le partage.

  3. 15 mars 2015 à 8 h 10 min

    C’est vraiment toujours un plaisir de vous lire.
    Voilà 3 semaines que je suis rentrée en France et l’Amérique me manque ..
    J’adore vos écrit que je comprend et me remémores des souvenir avec émotion <3 Merci !

    • 15 mars 2015 à 9 h 03 min

      Merci! La réadaptation n’est pas évidente il paraît. En même temps un petit expresso en terrasse redonne vite le sourire. ;)

      • 15 mars 2015 à 9 h 04 min

        Oui c’est très vrai mais de même la réadaptation au café français n’est pas évidente pour l’estomac

  4. gaelle
    17 mars 2015 à 9 h 15 min

    et chez nous on a range les fringues d hiver et sorti les tee shirts…..
    mais je n’hesiterai pas un instant a enfiler ma doudoune pour affronter vos hivers,

    • 25 mars 2015 à 14 h 28 min

      Ben oui! Mais quand même c’est long (un peu) ;)

  5. Julie
    22 mars 2015 à 5 h 57 min

    Très joli article!
    On sent bien toute cette émotion que j’aimerais connaître un jour en ayant la chance de peut-etre s’installer dans ma ville de coeur…
    Je vous avais écrit au tout début de votre arrivée et vous m’aviez expliqué le périple pour arriver à votre « rêve ».
    Bref, merci pour ce blog et pour me faire toujours espérer! :)

    • 25 mars 2015 à 14 h 29 min

      Merci Julie! Et oui, il faut y croire!!!

  6. amandine
    24 mars 2015 à 16 h 32 min

    Oh ben tiens, celui la il m’a fait verser ma larme… je me souviens aussi de ce mois la… le mois de ton arrivee dans la maison bleue de l’UWS :-) pour differentes raisons pour moi aussi ce fut un mois delicat, mixed feelings…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :